Les Merveilleuses

Le mot « merveilleuses » a pour moi l’odeur des vents contraires (des élans, des marées…). Les Merveilleuses, c’était au XVIIIe siècle, au lendemain de la Révolution, le nom donné à ces femmes qui avaient une façon particulière de s’habiller. J’imagine, une façon de s’habiller un peu différente de ce que l’on attend. Glenn Gould, en parlant de la modernité, dit « qu’elle ne se situe pas dans le bruit, comme celui que font les lois qu’on brise [...] mais dans la subtilité, celle avec laquelle on pose des prémisses différentes de celles qu’on attendait de vous. » Etre là où on ne s’attend pas, où l’on ne vous attend pas.

Créer une compagnie, au-delà de la nécessité administrative, c’est lancer une pensée, c’est tenir son cap et inventer pour chaque spectacle la bonne posture. Je souris quand je parle de chaque spectacle, car pour l’instant (pour l’instant), au port de la compagnie, trois spectacles : Igishanga, Journal d’une autre, Une mouette et Deux ampoules sur cinq. Le fil que je tire pour chacun probablement les relie. Les textes sont des phares qui éclairent fugitivement des routes, des directions, des endroits inexplorés. A nous de les saisir.

J’aime l’idée du temps, temps de la répétition, temps de la représentation. Revenir sur un spectacle comme un musicien sur sa partition. Les spectacles sont toujours là, amarrés au port et toujours prêts à partir au large…

La compagnie, je n’y suis pas seule et ceux qui m’entourent sont les regards vigilants sans lesquels mon travail ne peut avancer. J’ai l’impression que les textes que je choisis de mettre en scène me regardent autant que je les regarde et c’est ainsi que nous avançons… et que nous continuerons d’avancer.

Isabelle Lafon

L’équipe : Eléonore Briganti, Marion Canelas, Edwin Condette, Servane Ducorps, Karyll Elgrichi, Sylvain Gagnier, Pierre-Félix Gravière, Patrick Gufflet, Erika Haglund, Marion Hewlett, Johanna Korthals Altes, Béatrice Lacaze, Isabelle Lafon, Patrice Lechevallier, Keti Meliava, Judith Périllat, Marie Piemontese, Gilberte de Poncheville, Marion Pranal, Daniel Schémann

One Response to “Les Merveilleuses

  • On les imagine radieuses et insolemment rayonnantes… Avec le sourire, oui, mais rien d’un sourire complaisant, rien d’un sourire commerçant, le sourire d’être en marche, toujours en marche.

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